Communiquer la Grâce, un défi permanent.

Chers lecteurs,

 il me semble que dans nos jours actuels, le Saint-Esprit va nous emmener, nous qui croyons et cherchons comment dire à d’autres ce que nous avons reçu, vers une communication nouvelle pour y parvenir.

Il s’agira de découvrir la Parole de Dieu dans une profondeur de révélation jamais atteinte ; ainsi que la dépendance au Saint-Esprit, également dans une importance jamais atteinte.

Il s’agira de remettre en cause les shémas d’action et de comportement avec lesquels nous avons fonctionné jusqu’à présent et depuis si longtemps ; il s’agira d’accepter d’être déstabilisé, désécurisé, pour cause d’avancées en direction de l’inconnu, et des inconnus ; ces nouveaux espaces de Dieu, où Il nous veut, afin que nous dépendions plus que jamais de Lui, pour grandir dans la foi en Lui. Ce n’est pas que ces espaces sont nouveaux pour Dieu, mais connus de Lui depuis toujours, et qu’il révèle maintenant à ses enfants.

Au fil du temps et des siècles, et notamment au début de l’ère chrétienne, en premier lieu contre celle ci, on a utilisé la crucifixion, et les lions dans les arènes, ainsi que d’autres moyens aussi “raffinés”, pour convaincre les disciples de Jésus-Christ de faire marche arrière. Bientôt, l’échec de ces méthodes fut consommé ; notamment quand l’empereur Constantin légalisa la foi chrétienne dans son empire, en 313. Notons que ce dernier, qui fit assassiner nombre de ses rivaux, parmi lesquels des membres de sa famille, semble pourtant avoir bien servi Dieu, dans les affaires de Son Royaume, puisqu’avec lui, les chrétiens poussèrent un ouf de soulagement, après plus de 250 ans de persécution.

Une question me vient à l’esprit : accepterions nous de collaborer avec un “constantin” gravement païen, quand celui ci, malgré lui, se révèlerait être capable et motivé pour faire avancer les intérêts de Dieu, qui sont de communiquer Sa Grâce ? J’entends d’ici nombre d’entre nous qui s’insurgeraient tout de suite, en dégainant la parole de Paul en 2 Corinthiens 6,14 : “ne formez pas avec les incroyants un attelage disparate…” Mais pourrions nous sérieusement tenir ce discours aux chrétiens d’Irak, qui regrettent peut-être le temps où Saddam Hussein les protégeait de leurs ennemis, tout en faisant disparaître les siens par des méthodes horribles…?

Il est donc permis de penser qu’aucun chrétien  refusa d’accueillir la politique de Constantin, sous prétexte qu’il était par ailleurs un criminel ayant même assassiné sa femme ; tout l’Eglise s’installa dans le confort de l’amitié de l’empereur, sans que personne ne s’en plaignit. L’Eglise en profita elle même pour devenir une institution qui rapidement, compta plus sur sa puissance nouvelle et rayonnante, que sur son Dieu, comme à l’origine. Ainsi sur sa lancée, elle devint sûre d’elle, orgueilleuse, agressive ; et bien vite, apparurent dans les mains de ses troupes, plus d’épées que de croix. Le paroxisme de cette voie fut peut-être atteint aux temps des Croisades, qui n’ont pas donné les résultats escomptés, et dont les musulmans se souviennent très bien…en terme de témoignage chrétien…pour communiquer la Grâce… Je parle des musulmans d’aujourd’hui, et de leurs légions d’islamistes. C’est à dire d’environ un milliard et demi de gens, toujours trop profondément habité par la blessure de cette “communication”de la Grâce. 

Le temps de la Colonisation a de plus parachevé l’oeuvre de ce type de “témoignage”; les missionnaires suivant les militaires, les épées ayant seulement laissé la place aux fusils et canons.

Face à ce témoignage chrétien qui s’est ainsi acoquiné, compromis avec le pouvoir de la force charnelle et brutale de certaines nations et leurs peuples, depuis 17 siècles ; se dresse aujourd’hui une réaction planétaire, faite de rejet violent du Dieu des chrétiens, et des chrétiens eux mêmes, ou assimilés bien sûr.

Face aux juifs en terme de reproche, nous  entendons les mots : pogroms, shoah, ghettos et cafards déïcides.

Face aux musulmans, nous entendrons : croisades, colonisations, bougnouls et sales arabes.

Face aux animistes d’Afrique et d’ailleurs, nous entendrons : sales négres, sous hommes et vrais singes.

Toutes ces fautes de comportement nous sont aujourd’hui renvoyées en pleine face ; 17 siècles d’erreurs de communication du Message, ne peuvent se digérer si vite…! Demander pardon est certes, la meilleure chose à faire, tout en sachant que ce pardon doit mûrir dans les coeurs de ceux que nous avons blessé pendant si longtemps. 

Changer de comportement sera ensuite l’autre meilleure chose à faire ; s’il est vrai qu’en tout temps, il s’est trouvé des missionnaires chrétiens répandus partout dans le monde, ayant accompli une oeuvre d’amour incommensurable, au Nom de Jésus-Christ, auprès des peuplades auxquelles ils ont donné leurs vies ; il est urgent de les imiter, dans la douceur et l’amour du Sauveur.

Le prophète Zacharie a écrit : voici que ton roi vient à toi, plein de douceur et monté sur une ânesse, sur un ânon, le petit d’une bête de somme (Zacharie 9,9). Il annonçait le Seigneur et Messie, qui a lui même cité cette parole en entrant à Jérusalem (Matthieu 21,5).

Les successeurs du Seigneur ne ce sont pas tenus dans le même registre, hélas ; et encore actuellement, s’il est réel que pour annoncer le message, on a laissé les épées, fusils et canons ; d’autres armes restent en vigueur, comme les mots qui tuent tout autant, pour caractériser trop vite n’importe qui et n’importe quoi de diablerie, d’hérésie ; quand même ce serait vrai dans la réalité ; citant la Bible au besoin et de façon sélective plus qu’objective, pour mieux justifier le propos.

De façon récurante, nous oublions que nous avons des humains en face de nous ; c’est à dire des coeurs sensibles, pas toujours prêts à entendre notre vérité, ou même La Vérité.

L’Apôtre Paul accompagné de Barnabas, arriva à Lystre, ville d’Asie mineure, en Turquie actuelle. il y guérit un impotent des deux pieds qui l’était de naissance. A cette vue, les foules prirent les deux missionnaires chrétiens pour des dieux et les appelèrent Zeus et Hermès. Le prêtre local de Zeus, vint pour leur rendre un culte et adorer ces deux hommes, qui réagirent en des termes catégoriques, pour demander aux foules de se détourner de ces vanités et se convertir au Dieu vivant et créateur de toute la terre (Actes 14,15).

Nous pouvons donc dire que Paul et Barnabas n’ont pas pris de gant pour annoncer la couleur… Mais il est aussi écrit un peu plus loin dans le même livre des Actes des Apôtres, qu’en arrivant à Athènes, ce même Paul s’y est pris cette fois ci tout autrement : voyant toutes les idoles dans la ville, cela l’irritait profondément, mais il n’en dit mot à personne ; il se contrôla et n’adressa aucun reproche à qui que ce fut. Il trouva même une statut dédiée à un dieu inconnu, dont il se servit pour suggérer aux Athéniens qu’il s’agissait de son Dieu qu’il venait leur annoncer ; les félicitant au passage d’être aussi religieux qu’ils l’étaient (Actes 17,16 à 34).

Aujourd’hui, ce type de communication de la Grâce ne se pratique pas encore réellement dans les rangs du peuple de Dieu. On ne sait pas encore être subtil et raffiné ; fins communicateurs du Message ; travaillant avec le Saint-Esprit ; pour ne pas utiliser la même méthode en toute circonstance, mais apprendre la dépendance à Lui et y rester, afin d’ajuster le comportement à chaque situation différente.

Sans casser personne, ni directement aucune croyance locale, Paul a su faire passer le Message de l’Evangile.

Qui sait faire cela aujourd’hui ??

Plus d”épée, plus de fusil, plus de canon, mais on flingue toujours…!

Certes, Jésus a flingué ; mais qui ? Les Pharisiens qui faisaient preuve de très mauvaise volonté et à ce niveau n’en était pas excusable. Jésus leur a réglé un compte en leur disant notamment qu’ils avaient pour père le diable (Jean 8,44).

Plus loin, il leur a dit : “si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché…”(Jean 9,41)

Nous, nous parlons à ceux que nous regardons comme des aveugles, et nous leur disons qu’ils sont pécheurs ; très souvent, ils ne savent ni qu’ils sont aveugles, ni qu’ils sont pécheurs.

Nous ne communiquons aucune grâce, nous cognons comme des brutes épaisses. Et Jésus, sévère avec les pharisiens, l’a t-il été avec Zachée ? Non, parce qu’il savait que ce gars était sincère et en recherche, bien que grand voleur parmi le peuple. Jésus pris l’initiative d’aller manger chez lui sans lui faire le moindre reproche ; et simplement Zachée sut ce qu’il avait à faire pour mettre sa vie en règle, et il le fit (Luc 19, 1 à 10). Voilà du travail propre, sans équivoque, sans mot malheureux, sans jugement. Le Seigneur est un artiste, Il a de la classe ; quant à nous, cessons d’être des éléphants dans un magasin de porcelaine. Chaque être humain est une créature aimée de Dieu, qu’Il veut sauver et non dégouter de Lui et des chrétiens.

Il est écrit : comment croiront-ils s’ils n’entendent pas parler de Lui ?(Romains 10,14)

Il est aussi écrit : qu’ils soient gagnés sans parole, par la conduite pure et respectueuse (du témoignant).(1 Pierre 3,1 et 2)

Il est écrit : si ton frère a péché, va reprends le.(Matthieu 18,15)

Il est même écrit : si quelqu’un voit son frère commettre un péché, qui ne mène pas à la mort, qu’il prie, et Dieu lui donnera la vie.(1 Jean 5,16)

Laissons donc le Saint-Esprit nous enseigner honnêtement sur ce que nous ne connaissions pas jusqu’à présent ; ce n’est ni par force ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Eternel des Armées (Zacharie 4,6)

Croyons nous que c’est si souvent que nous entendons un chef d’armée parler ainsi ?…

Lui le Tout Puissant, pourrait agir autrement, tant Il en a les moyens ! Mais Il y va en douceur ; d’autant plus, nous, qui ne sommes pas tout puissant, sommes nous dans l’obligation express d’en faire autant.

Ainsi, quand nous sommes avec ceux qui ne sont pas spécialement comme nous, devons nous y aller avec délicatesse, sachant que la communication du Message est d’abord l’affaire de Dieu, qui nous demande surtout d’être Témoins de Son Amour, plutôt que des professeurs qui expliquent aux autres ce qu’ils ont à faire.

Petits enfants, n’aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité (1 Jean 3,18).

En conclusion mes amis lecteurs, je dirai simplement que cette “politique”de comportement s’inscrit en droite ligne dans l’esprit de l’Eglise finitive, qui veut rompre avec tout ce qui ne fut pas à l’honneur de Dieu jusqu’à présent ; qui a travaillé contre Lui, plutôt que pour Lui et avec Lui.

Combattons donc le bon combat de la foi, et que notre amour soit connu de tous ! Que par nous des foules de coeurs soient tranquillisés, et que le nom de Jésus-Christ ne soit plus sali, mais reconnu pour Vrai et Sauveur.

 Soyez bénis par cette parole sans prétention, mais sincère.

Philippe

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