Archives pour septembre, 2008

Dieu ne se comprend que par La Croix

Chers amis lecteurs,

 compte tenu des inclinations et opinions ambiantes, imbriquées avec certains ressentis intérieurs, touchant une part grandissante de la population dans nos contrées, j’ai pensé que ce propos qui va suivre, pourrait s’en trouvé légitimé dans son contenu.

 En effet, j’ai de plus en plus tendance à penser que sur la question “Dieu”, dans sa relation à l’humain, il y a un malentendu qui ne cesse de s’élargir, et qui a pu prendre une échelle désormais mondiale.

Chercher Dieu devient la préoccupation d’un nombre grandissant de gens. Le monde connait un appétit spirituel qui est comme un stunami. Ainsi, toutes les philosophies, d’où qu’elles viennent, s’invitent pour répondre à cet appel relativement universel.

De cette offre à 360°, certaines conceptions, pas forcément nouvelles, se révèlent justement comme résistant bien à l’érosion du temps. Je pense notamment au fameux “nous irons tous au paradis”. Ainsi que “Dieu est amour, Il ne permet pas que le mal t’atteigne”. Ou encore “Il est plein de compréhension, pas étriqué du tout, il te soutient quoique tu fasses”…quoique tu fasses…

D’autres mots ou concepts semblent à l’inverse être peu en vogue, ou simplement bannis. C’est le cas de la malédiction, du péché et de la culpabilité par exemple.

Lire la Bible, qui est tout de même la source de base concernant Dieu, ne semble pas non plus être une logique qui s’impose d’elle même.

Partout ailleurs dans ce monde, pour s’enrichir dans un domaine quelconque, on va forcément à la source d’expérience et d’information correspondante ; mais pas là.

En effet, pour chercher Dieu, on ne lit pas la Bible…Bizarre ! Comme disent les jeunes : trop bizarre !

Il faut dire qu’au fil des siècles, on a aussi présenté un Dieu bizarre : un Dieu sévère, qui voit tout, qui ne laisse rien passer et qui punit, qui flingue. Alors, lasse de ce portrait, le monde a refaçonné Dieu. Il s’est alors passé un phénomène bien humain et bien connu : celui du balancier. C’est ainsi qu’on est passé d’une présentation très punitive de Dieu, à une autre complètement laxiste. Aujourd’hui, beaucoup ont de Dieu ce portrait, qui leur fait croire qu’Il ferme les yeux sur tout ; qu’Il pardonne sans condition ; qu’il faut se détendre, car il n’y a pas de quoi s’alarmer ; Son Coeur d’Amour est immense, allons donc en paix, il n’y a pas “le feu au bocal”.

S’il est vrai qu’une certaine lecture de l’Ancien Testament peut rendre l’image d’un Dieu austère ; je crois qu’il est impossible de trouver dans le Nouveau Testament, celle d’un Dieu complètement débridé, en l’absence d’aucune règle.

Chers lecteurs, vous ne voulez plus d’un Dieu austère ? Moi non plus.

Vous croyez au Dieu débridé ? Moi aussi…

…Au Dieu qui pardonne tout ? Moi aussi…

…Qui déculpabilise ? Moi aussi…

…Au Dieu qui apporte une détente intérieure réelle ? Moi aussi…

…A ce Père, ce Papa qui chérit ses enfants ? Moi aussi !

Et si moi aussi j’ai cette image de ce Dieu Père, c’est parce que je crois… en La Croix. Sans cette Croix, je ne crois pas et n’accède pas à ce Père, Mon Père céleste.

Or, je crains bien que beaucoup aujourd’hui, s’imaginent pouvoir accéder au Père, sans nécessairement passer par la Croix.

Qu’est-ce que je veux dire ?

Je veux dire qu’effectivement, Dieu a tellement aimé chacune, chacun d’entre nous, qui étions mauvais, pécheurs  coupables et maudis ; qu’Il a décidé de faire mourir Son Fils Jésus Christ, à notre place, pour que de perdus que nous étions, nous soyions finalement sauvés. (Jean 3.16)

Le drame de la Croix, fut une Oeuvre qui nous a libéré de la malédiction. Puisque je crois en Elle, la malédiction n’existe plus pour moi ; cette dernière est morte, en ce qui me concerne. La mention de ce mot ne m’inquiète pas, car en réalité un mort ne peut plus me nuire. Je suis né à La Bénédiction de la Croix, et je le dis !

Il en est de même pour le péché et la culpabilité. Oui, j’étais pécheur et coupable, par nature et par fait, mais la Croix m’a lavé de tout cela. Je n’ai pas peur de regarder en face ce que j’étais, car en le faisant, c’est surtout la Croix salvatrice, que je vois.

Ainsi, je me souviens très bien de qui j’étais, sans le nier, sans discuter, mais je vois surtout l’énorme amplitude de la Croix, avec le Sang de Christ répandu sur moi, comme une hombre perpétuelle, justificatrice, sous laquelle je suis venu me réfugier.

Ainsi, oui, je goûte au Dieu débridé d’amour pour moi ; à son pardon total ; je suis complètement déculpabilisé et détendu. Dieu est bien mon Papa ; et d’ailleurs, Jésus-Christ, Son Fils premier né, est là pour me le dire, Lui qui m’a sauvé, et qui est mon Ami.

Chers lecteurs, si vous croyez pouvoir accéder au Père d’En Haut, sans passer ainsi par la Croix, vous avez avalé un très gros mensonge. D’ailleurs, sans cette Croix, la foi chrétienne n’existe pas.

Chers frères et soeurs en Jésus-Christ, si vous ne dites pas ces choses autour de vous, vous ne faites pas votre travail de témoins de Lui ; Il vous a donné une responsabilité (Luc 9,2) et vous ne l’assumez pas (désolé pour cette culpabilisation…).

Si vous prêchez l’amitié de Dieu à quelqu’un, sans lui indiquer que ce fut seulement possible par l’Oeuvre de la Croix, vous lui dites un mensonge, qui pourra lui apporter un possible et réel réconfort sur le moment, mais qui à terme, ne le conduira jamais au ciel, c’est à dire plutôt en enfer (et qu’on ne dise pas que ce mot est absent de la Bible, car des tas d’autres variantes y sont, pour parler de la même chose).

Une fois que j’ai expérimenté la Croix, et que j’ai compris par quel acte immense, du Fils de Dieu, j’ai été tiré d’affaire, j’en éprouve forcément une infinie reconnaissance pour Lui. Je vais donc L’aimer, Le suivre, et faire ce qu’Il me demande avec grande joie.

Si à nouveau, en ce chemin, je fais encore des bêtises, ce qui arrive souvent, j’irai encore “à la Croix” pour être encore pardonné. Ainsi j’expérimenterai Son Pardon, Sa Grâce continuels.

Est-ce un jeu d’ailleurs ? Je pêche, mais ce n’est pas grave, car “quand je vire dans le rouge”, je m’empresse de courir à la Croix pour “arranger le coup”…

L’apôtre Paul répond non à ce genre de petit calcul (Romains 6,1). Car en effet, celui qui a suffisamment “vu” les souffrances de Christ en Croix, a vu aussi l’horreur du péché et ses conséquences. Il est un tantinet “vacciné” d’y revenir. Il n’est pas de ceux qui croient en la Grâce, tout en continuant d’aimer leurs péchés, et qui donc se livrent à ce petit (ou grand) jeu. En outre, il sait qu’en péchant de nouveau, de nouveau il offense le Coeur de Celui qui a déjà suffisament souffert sur cette Croix.

Cela veut-il dire que certains ne pèchent plus jamais ? Qu’ainsi, ils n’ont plus jamais besoin d’aller de nouveau à la Croix ? Je pense que ce genre de personne n’existe pas. Mais il y a ceux qui demeurent encore bien faibles, parmi lesquels beaucoup d’authentiques enfants de Dieu, sincèrement peinés de ne pas toujours parvenir à se défaire de ce qui les opresse ; et qui viennent ainsi au pied de la Croix, demander Grâce encore ; Grâce qu’ils obtiennent, car Dieu, l’Ami qui lit dans les coeurs, voit qu’il ne s’agit pas là d’un jeu volontaire de la part de ses enfants.

Mon ami lecteur, sois rassuré ; Dieu connait la sincérité de tes larmes, quand tu fais ce que ton coeur n’approuve pas, sans parvenir à y résister.

Bien sûr, en de tels cas, tu as sans doute besoin de délivrance ; tu peux alors à nouveau venir à la Croix, pour recevoir par la foi, que ton Sauveur a aussi brisé toutes tes chaînes, il y a deux mille ans. Il a dit : “tout est accompli” (Jean 19,30), donc aussi la délivrance de tes chaînes.

Tu peux te détendre ; relever la tête ; retrouver le sourire ; Il s’occupe de toi, puisque tu le Lui as demandé et que tu crois.

Mon ami, j’irai jusqu’à te dire qu’Il te déclare JUSTE, bien avant que tu en aies fini avec ta dernière faiblesse. Ceci parce que tu as décidé de regarder à Lui, par le prisme de la Croix.

Voilà son Amour. Goûte le ; goûte encore ; bois, enivre toi, c’est le Vin le meilleur.

Au terme de cette petite réflexion, je pose comme quelques questions : qui va concevoir Dieu par la Croix ? Qui va tenter de le faire sans la Croix ? Quelle voie sera la plus suivie ?

Beaucoup suivirent Jésus…pendant un moment…tant qu’Il leur disait des choses allant dans leur sens. Ensuite, Jésus connut la désertion autour de Lui (Jean 6,66). Est-ce bien toujours la majorité qui a raison ?

Et vous, que choisissez vous ?

Affectueusement à tous !

Philippe

Les conclusions hâtives et l’expérience minimaliste, vous connaissez ?

Chers lecteurs,

 êtes vous prêt à être…des obligés de Jésus ?

En Matthieu 14,22 Jésus “obligea ses disciples à monter dans une barque”. Je souhaite que nombreux soient ces chrétiens que Dieu, en quelque sorte, oblige à aller plus loin.

L’histoire qui suit ce verset nous raconte que Jésus a marché sur les eaux et comment Pierre, après quelques instants de surprise et de perplexité, a entrepris de le rejoindre.Ce récit bien connu peut faire penser à toutes ces expériences que les chrétiens font avec Dieu, et qu’ils racontent ensuite, autour d’eux, sans oublier d’être généreux dans les détails mettant en relief toute l’amplitude de ce vécu personnel, ainsi que la fidélité de Dieu qui ne se dément jamais.

Ainsi Pierre et ses amis ont connu la frayeur extrême de se trouver sur une mer démontée, avec le sentiment de jouer involontairement avec la mort… conséquence des obligation du Maître. Il y a déjà là quelque chose à méditer, et qui n’est pas spécialement banal. Mais je laisse à chaque lecteur le soin de le faire pour lui même.

Ensuite, notre équipage en les circonstances voit venir une silhouette bizarre, marchant sur l’eau… Ah, qu’est ce que c’est que “ce truc” ? Un fantôme !! Autrement dit, le diable quoi ! Aujourd’hui, nous dirions : bon, voyons ce que la Bible dit à ce sujet… les prophètes ont-ils annoncé que le Messie marcherait sur l’eau ? Non, semble t-il. Donc, nous sommes en présence d’une manifestation non biblique, donc pas de Dieu. Au demeurant, LA BIBLE DIT : il (le diable)vient déguisé en ange de lumière, pour séduire les élus… Alors, attention à ne pas ajouter foi à tout esprit, et surtout pas à celui là. Voilà une analyse très sage, bibliquement charpentée, et présentée par des gens qui font références dans l’Eglise du Seigneur…

Oui.

Sauf que dans cet épisode, bien que peu d’éléments laissaient à penser que ce fut le Seigneur Jésus qui arrivait, c’était bien de Lui quand même qu’il s’agissait. Nos amis les disciples, ont peut-être, un peu comme leurs successeurs actuels, crier trop vite au loup. C’était peut-être de leur temps, un réflexe bien rodé, comme c’est aussi le cas aujourd’hui.

Deux questions me viennent à l’esprit : y a t-il quelqu’un qui ait du plaisir à se faire traiter, disons de diablotin ?… de surcroit par les gens de chez le Seigneur ?… Et le Seigneur Lui même apprécie t-il de faire l’objet du même traitement ? Peu problable n’est ce pas…?

Une troisième question : un phénomène qui se manifeste, dont on ne trouve pas trace dans la Bible (où qu’on croit ne pas trouver), est-il forcément diabolique ?…

Revenons au texte. Matthieu 14,26 : face à cette manifestation, Pierre et ses amis visiblement n’en éprouvait aucune paix… Donc, vraiment pas de Dieu cette affaire ! Car si c’est Lui, on a La Paix ! Pourtant le texte nous indique que ce n’est pas systématique et immédiat. Ceci n’est pas discutable.

Verset 27, Jésus s’efforce tout de suite de rassurer les siens. Verset suivant, Pierre en leader déjà évident, prend une bonne initiative pour vérifier s’il s’agit bien de Jésus.

 Excellent.

Verset 29, la réponse de Jésus est nette, et c’est alors que Pierre va vivre une expérience extraordinaire : il sort de la barque pour se porter au devant de ce qu’il croyait être au départ un fantôme… Pierre évolue très vite ; plus vite que beaucoup de ses descendants actuels peut-être… Il est même presque trop rapide, car-pardonnez moi, j’y reviens-mais il n’a même pas pris le temps de consulter les Ecritures…! N’empêche, il a quand même consulté Celui dont le nom est “Parole de Dieu”(Apoc. 19,13). Mais transposons ce moment à notre époque, certainement qu’il y aurait des pours et des contres dans l’évaluation de la méthode, et que ça chaufferait sur les blogs évangéliques…! Or, si Jésus lui a fait des reproches, ce n’est pas sur ce point.

…Et voilà que Pierre marche lui aussi sur l’eau, à la rencontre de Jésus. Expérience inoubliable, impensable ! Déjà voir Jésus le faire est tout à fait extraordinaire, mais qu’il le fasse à son tour, doit le vider de toutes ses exclamations…! Sans parler de ceux qui sont rester en arrière, à regarder cela en témoins directs ; pas mal non plus pour eux.

Imaginons que l’un d’entre eux revienne aujourd’hui, bien authentifié, et qu’il se propose de nous raconter cela, par exemple au stade de France ; il y en aurait une belle recette ! La très grande majorité des auditeurs se réjouirait d’entendre de telles choses !

Pourtant dans le verset 30, l’expérience de Pierre connait un cafouillage, qui le fait s’enfoncer dans l’eau. Qu’à cela ne tienne, il appelle tout de suite le Seigneur à son secours ; et Lui qui est effectivement si fidèle, ne le laisse pas se noyer mais le saisit dans l’instant et le sauve. Merveilleux, réellement ; et je le dis sans ironie, qu’on se rassure.

Mais Jésus n’est pas satisfait de ce qui vient de se passer. Il le dit à Pierre. Et le lecteur avisé de conclure que s’il est merveilleux que Pierre ait ainsi fait des pas sur l’eau, à la rencontre du Seigneur de surcroit, il aurait pu en faire beaucoup plus, et ne s’enfoncer à aucun moment. Certes, je n’aurai sans doute pas fait mieux que lui ; mais est ce une raison pour ne pas écrire ce propos ?

Les autres disciples auraient pu suivre Pierre eux aussi, mais aucun d’eux n’a bougé. Tous ensemble, ils auraient pu se retrouver ainsi sur les flots déchaînés, et s’y offrir une petite (ou grande) ballade. Voire, entamer une réunion de prière…

Quelques pas sur l’eau, par le plus courageux d’entre eux, c’était forcément à mettre dans les annales néotestamentaires ; mais je le redis, Jésus au final ne s’est pas montré satisfait de ce qu’il a vu. N’empêche, tout le monde l’adore dans la barque, et dans une nouvelle révélation de lui. N’empêche Lui, le Seigneur, attendait une autre prestation de ses disciples.

J’ai quelquefois le sentiment qu’on se congratule de nos expériences extraordinaires, ainsi qu’on en glorifie le Seigneur sans nuance… pendant que dans le ciel, ce Seigneur soupire parce qu’on s’est finalement contenté de quelque chose de minimaliste. Nous sommes heureux de ce que nous avons eu, alors qu’Il voulait nous en donner beaucoup plus. Le Seigneur est Le Donneur, … frustré par excellence.

Seigneur, donne moi juste le smic ; je ne t’en demande pas plus…

Mes amis, s’il n’est pas faux que l’évangile de prospérité est à revoir dans son contenu, c’est également la même chose pour l’évangile de pauvreté.

S’il est vrai que le premier est insupportablement arrogant, le second consiste à sortir dehors, en se mettant des chaussettes, mais pas des chaussures…

Prenons la mesure de la bonté extravagante de Dieu. Cessons de Lui demander le minimum ; grandissons dans notre compréhension de Lui, de Son Coeur généreux et de sa Parole.

Le monde le verra, et qu’en pensera t-il ?

 Affectueusement à chacun de vous, en Lui, Le Dieu Maximum.

Philippe.

Communiquer la Grâce, un défi permanent.

Chers lecteurs,

 il me semble que dans nos jours actuels, le Saint-Esprit va nous emmener, nous qui croyons et cherchons comment dire à d’autres ce que nous avons reçu, vers une communication nouvelle pour y parvenir.

Il s’agira de découvrir la Parole de Dieu dans une profondeur de révélation jamais atteinte ; ainsi que la dépendance au Saint-Esprit, également dans une importance jamais atteinte.

Il s’agira de remettre en cause les shémas d’action et de comportement avec lesquels nous avons fonctionné jusqu’à présent et depuis si longtemps ; il s’agira d’accepter d’être déstabilisé, désécurisé, pour cause d’avancées en direction de l’inconnu, et des inconnus ; ces nouveaux espaces de Dieu, où Il nous veut, afin que nous dépendions plus que jamais de Lui, pour grandir dans la foi en Lui. Ce n’est pas que ces espaces sont nouveaux pour Dieu, mais connus de Lui depuis toujours, et qu’il révèle maintenant à ses enfants.

Au fil du temps et des siècles, et notamment au début de l’ère chrétienne, en premier lieu contre celle ci, on a utilisé la crucifixion, et les lions dans les arènes, ainsi que d’autres moyens aussi “raffinés”, pour convaincre les disciples de Jésus-Christ de faire marche arrière. Bientôt, l’échec de ces méthodes fut consommé ; notamment quand l’empereur Constantin légalisa la foi chrétienne dans son empire, en 313. Notons que ce dernier, qui fit assassiner nombre de ses rivaux, parmi lesquels des membres de sa famille, semble pourtant avoir bien servi Dieu, dans les affaires de Son Royaume, puisqu’avec lui, les chrétiens poussèrent un ouf de soulagement, après plus de 250 ans de persécution.

Une question me vient à l’esprit : accepterions nous de collaborer avec un “constantin” gravement païen, quand celui ci, malgré lui, se révèlerait être capable et motivé pour faire avancer les intérêts de Dieu, qui sont de communiquer Sa Grâce ? J’entends d’ici nombre d’entre nous qui s’insurgeraient tout de suite, en dégainant la parole de Paul en 2 Corinthiens 6,14 : “ne formez pas avec les incroyants un attelage disparate…” Mais pourrions nous sérieusement tenir ce discours aux chrétiens d’Irak, qui regrettent peut-être le temps où Saddam Hussein les protégeait de leurs ennemis, tout en faisant disparaître les siens par des méthodes horribles…?

Il est donc permis de penser qu’aucun chrétien  refusa d’accueillir la politique de Constantin, sous prétexte qu’il était par ailleurs un criminel ayant même assassiné sa femme ; tout l’Eglise s’installa dans le confort de l’amitié de l’empereur, sans que personne ne s’en plaignit. L’Eglise en profita elle même pour devenir une institution qui rapidement, compta plus sur sa puissance nouvelle et rayonnante, que sur son Dieu, comme à l’origine. Ainsi sur sa lancée, elle devint sûre d’elle, orgueilleuse, agressive ; et bien vite, apparurent dans les mains de ses troupes, plus d’épées que de croix. Le paroxisme de cette voie fut peut-être atteint aux temps des Croisades, qui n’ont pas donné les résultats escomptés, et dont les musulmans se souviennent très bien…en terme de témoignage chrétien…pour communiquer la Grâce… Je parle des musulmans d’aujourd’hui, et de leurs légions d’islamistes. C’est à dire d’environ un milliard et demi de gens, toujours trop profondément habité par la blessure de cette “communication”de la Grâce. 

Le temps de la Colonisation a de plus parachevé l’oeuvre de ce type de “témoignage”; les missionnaires suivant les militaires, les épées ayant seulement laissé la place aux fusils et canons.

Face à ce témoignage chrétien qui s’est ainsi acoquiné, compromis avec le pouvoir de la force charnelle et brutale de certaines nations et leurs peuples, depuis 17 siècles ; se dresse aujourd’hui une réaction planétaire, faite de rejet violent du Dieu des chrétiens, et des chrétiens eux mêmes, ou assimilés bien sûr.

Face aux juifs en terme de reproche, nous  entendons les mots : pogroms, shoah, ghettos et cafards déïcides.

Face aux musulmans, nous entendrons : croisades, colonisations, bougnouls et sales arabes.

Face aux animistes d’Afrique et d’ailleurs, nous entendrons : sales négres, sous hommes et vrais singes.

Toutes ces fautes de comportement nous sont aujourd’hui renvoyées en pleine face ; 17 siècles d’erreurs de communication du Message, ne peuvent se digérer si vite…! Demander pardon est certes, la meilleure chose à faire, tout en sachant que ce pardon doit mûrir dans les coeurs de ceux que nous avons blessé pendant si longtemps. 

Changer de comportement sera ensuite l’autre meilleure chose à faire ; s’il est vrai qu’en tout temps, il s’est trouvé des missionnaires chrétiens répandus partout dans le monde, ayant accompli une oeuvre d’amour incommensurable, au Nom de Jésus-Christ, auprès des peuplades auxquelles ils ont donné leurs vies ; il est urgent de les imiter, dans la douceur et l’amour du Sauveur.

Le prophète Zacharie a écrit : voici que ton roi vient à toi, plein de douceur et monté sur une ânesse, sur un ânon, le petit d’une bête de somme (Zacharie 9,9). Il annonçait le Seigneur et Messie, qui a lui même cité cette parole en entrant à Jérusalem (Matthieu 21,5).

Les successeurs du Seigneur ne ce sont pas tenus dans le même registre, hélas ; et encore actuellement, s’il est réel que pour annoncer le message, on a laissé les épées, fusils et canons ; d’autres armes restent en vigueur, comme les mots qui tuent tout autant, pour caractériser trop vite n’importe qui et n’importe quoi de diablerie, d’hérésie ; quand même ce serait vrai dans la réalité ; citant la Bible au besoin et de façon sélective plus qu’objective, pour mieux justifier le propos.

De façon récurante, nous oublions que nous avons des humains en face de nous ; c’est à dire des coeurs sensibles, pas toujours prêts à entendre notre vérité, ou même La Vérité.

L’Apôtre Paul accompagné de Barnabas, arriva à Lystre, ville d’Asie mineure, en Turquie actuelle. il y guérit un impotent des deux pieds qui l’était de naissance. A cette vue, les foules prirent les deux missionnaires chrétiens pour des dieux et les appelèrent Zeus et Hermès. Le prêtre local de Zeus, vint pour leur rendre un culte et adorer ces deux hommes, qui réagirent en des termes catégoriques, pour demander aux foules de se détourner de ces vanités et se convertir au Dieu vivant et créateur de toute la terre (Actes 14,15).

Nous pouvons donc dire que Paul et Barnabas n’ont pas pris de gant pour annoncer la couleur… Mais il est aussi écrit un peu plus loin dans le même livre des Actes des Apôtres, qu’en arrivant à Athènes, ce même Paul s’y est pris cette fois ci tout autrement : voyant toutes les idoles dans la ville, cela l’irritait profondément, mais il n’en dit mot à personne ; il se contrôla et n’adressa aucun reproche à qui que ce fut. Il trouva même une statut dédiée à un dieu inconnu, dont il se servit pour suggérer aux Athéniens qu’il s’agissait de son Dieu qu’il venait leur annoncer ; les félicitant au passage d’être aussi religieux qu’ils l’étaient (Actes 17,16 à 34).

Aujourd’hui, ce type de communication de la Grâce ne se pratique pas encore réellement dans les rangs du peuple de Dieu. On ne sait pas encore être subtil et raffiné ; fins communicateurs du Message ; travaillant avec le Saint-Esprit ; pour ne pas utiliser la même méthode en toute circonstance, mais apprendre la dépendance à Lui et y rester, afin d’ajuster le comportement à chaque situation différente.

Sans casser personne, ni directement aucune croyance locale, Paul a su faire passer le Message de l’Evangile.

Qui sait faire cela aujourd’hui ??

Plus d”épée, plus de fusil, plus de canon, mais on flingue toujours…!

Certes, Jésus a flingué ; mais qui ? Les Pharisiens qui faisaient preuve de très mauvaise volonté et à ce niveau n’en était pas excusable. Jésus leur a réglé un compte en leur disant notamment qu’ils avaient pour père le diable (Jean 8,44).

Plus loin, il leur a dit : “si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché…”(Jean 9,41)

Nous, nous parlons à ceux que nous regardons comme des aveugles, et nous leur disons qu’ils sont pécheurs ; très souvent, ils ne savent ni qu’ils sont aveugles, ni qu’ils sont pécheurs.

Nous ne communiquons aucune grâce, nous cognons comme des brutes épaisses. Et Jésus, sévère avec les pharisiens, l’a t-il été avec Zachée ? Non, parce qu’il savait que ce gars était sincère et en recherche, bien que grand voleur parmi le peuple. Jésus pris l’initiative d’aller manger chez lui sans lui faire le moindre reproche ; et simplement Zachée sut ce qu’il avait à faire pour mettre sa vie en règle, et il le fit (Luc 19, 1 à 10). Voilà du travail propre, sans équivoque, sans mot malheureux, sans jugement. Le Seigneur est un artiste, Il a de la classe ; quant à nous, cessons d’être des éléphants dans un magasin de porcelaine. Chaque être humain est une créature aimée de Dieu, qu’Il veut sauver et non dégouter de Lui et des chrétiens.

Il est écrit : comment croiront-ils s’ils n’entendent pas parler de Lui ?(Romains 10,14)

Il est aussi écrit : qu’ils soient gagnés sans parole, par la conduite pure et respectueuse (du témoignant).(1 Pierre 3,1 et 2)

Il est écrit : si ton frère a péché, va reprends le.(Matthieu 18,15)

Il est même écrit : si quelqu’un voit son frère commettre un péché, qui ne mène pas à la mort, qu’il prie, et Dieu lui donnera la vie.(1 Jean 5,16)

Laissons donc le Saint-Esprit nous enseigner honnêtement sur ce que nous ne connaissions pas jusqu’à présent ; ce n’est ni par force ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Eternel des Armées (Zacharie 4,6)

Croyons nous que c’est si souvent que nous entendons un chef d’armée parler ainsi ?…

Lui le Tout Puissant, pourrait agir autrement, tant Il en a les moyens ! Mais Il y va en douceur ; d’autant plus, nous, qui ne sommes pas tout puissant, sommes nous dans l’obligation express d’en faire autant.

Ainsi, quand nous sommes avec ceux qui ne sont pas spécialement comme nous, devons nous y aller avec délicatesse, sachant que la communication du Message est d’abord l’affaire de Dieu, qui nous demande surtout d’être Témoins de Son Amour, plutôt que des professeurs qui expliquent aux autres ce qu’ils ont à faire.

Petits enfants, n’aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité (1 Jean 3,18).

En conclusion mes amis lecteurs, je dirai simplement que cette “politique”de comportement s’inscrit en droite ligne dans l’esprit de l’Eglise finitive, qui veut rompre avec tout ce qui ne fut pas à l’honneur de Dieu jusqu’à présent ; qui a travaillé contre Lui, plutôt que pour Lui et avec Lui.

Combattons donc le bon combat de la foi, et que notre amour soit connu de tous ! Que par nous des foules de coeurs soient tranquillisés, et que le nom de Jésus-Christ ne soit plus sali, mais reconnu pour Vrai et Sauveur.

 Soyez bénis par cette parole sans prétention, mais sincère.

Philippe