Archives pour avril, 2008

Apocalypse : comprendre ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Cet exposé est un commentaire des 3 premiers chapitres de l’Apocalypse. Mais il est utile de dire d’abord quelques mots de Jean, cet apôtre de Jésus-Christ, qui en est l’auteur. 

Il a connu Jésus pour l’avoir rejoint, suivi et s’être trouvé, lui plus qu’un autre, dans son intimité. Fidèlement présent à toutes les étapes de la mission divine de Jésus, il fut aussi et encore, témoin aux avant postes du ministère mondial du Saint-Esprit ; je parle de la Pentecôte. Il est donc un pionnier, et va très vite devenir un pilier de l’Eglise primitive de Jérusalem. Ainsi, il va connaître l’affluence de ces dizaines de milliers de Juifs qui ont cru (Actes 21,20) et devra, avec d’autres, la gérer. Il saura aussi affronter la persécution, et visiblement sans vaciller dans sa fidélité au Seigneur. C’est précisément pour raison de persécution qu’il est exilé à Patmos (nom qui signifie “mortel”), un ilot en mer d’Egée, non loin de la Turquie actuelle. Là, soudain, Jean semble être dans une nouvelle saison de sa vie ; très seul cette fois, loin de tout, et en particulier de l’Eglise.

A ce stade, il est permis de penser que rien ne manque à la formation de Jean, dans les domaines de connaître Jésus-Christ, et son Eglise.

Le début de son récit de l’Apocalypse va pourtant donner une certaine impression du contraire. Un seul chapitre, le premier, lui suffit pour décrire cette NOUVELLE REVELATION qu’il a du Sauveur (pourtant “vieille connaissance”), ainsi qu’une NOUVELLE COMPREHENSION des Eglises, de l’Eglise de Jésus-Christ (également vieille connaissance), et du monde où elle se trouve.

Au Chapitre 1,17 cette VISION NOUVELLE est si forte, qu’il en tombe aux pieds de ce Seigneur de gloire “comme mort”. Ainsi, c’est la preuve que quand Dieu se révèle tout à nouveau, on peut en tomber au sol. Quand l’esprit d’un homme est à ce point frappé, le corps aussi peut céder. Et quand le Seigneur déstabilise ainsi l’homme, Sa paix n’est jamais bien loin derrière, signalant qui Il est.

Jean voit donc la Gloire de Jésus-Christ et donne au lecteur l’impression de n’avoir rien connu de Lui malgré tout son parcours précédent. Mais il Le voit aussi au milieu de ses Eglises (1,13). Il n’est d’ailleurs pas plus prêt de l’une que d’une autre ; Il est AU MILIEU, c’est à dire à équidistance de chacune d’elles.

Est-ce bien ainsi qu’on L’a imaginé jusqu’à présent ? Ce n’est pas si sûr…

Il dit que chacune d’elles est un “chandelier d’or” (1,12). A nouveau, est-ce bien ainsi que nous voyions l’église “d’à côté”… qui n’a pas la même étiquette que la nôtre, et pas toujours la même doctrine non plus ? …Car, ce n’est jamais très recommandé, de dire autre chose que ce que dit Dieu.

L’image du chandelier signifie sans doute qu’un témoignage a été confié à chacune de ces églises, ainsi qu’une onction spécifique, en fonction de l’Appel Divin reçu.

Jean ajoute que chacune dispose aussi d’un ange (1,20) représenté par une étoile. Rappelons que Jésus est parfaitement au centre de tout cela. Et c’est ce que tout croyant doit confesser sans faiblir, et sans se laisser influencer par ce qui est visible, mais bien plutôt par ce que la Bible dit !

Est-ce bien ainsi que l’on agit ?… Car la Parole de Dieu nous invite non à regarder aux choses visibles, mais aux invisibles (1 Cor. 4,18).

Il nous est dit que ces églises sont toutes en Asie ; cela peut sembler sans importance particulière, mais quand on sait que “Asie” signifie “boueux”, il faut alors comprendre qu’il y a là aussi un message à saisir : le Peuple de Dieu est au contact de la boue du monde. Ainsi le message que l’Esprit lui adresse dans les chapîtres suivants, est de s’équiper de la meilleure paire de bottes possible ; des bottes bien étanches, pour que cette boue du monde dans laquelle il ne peut faire autrement que patauger, ne lui remonte pas le long des jambes… La finalité de ce conseil étant d’être prêt pour le Retour de Jésus-Christ. A ce propos, il est dit qu’Il revient bientôt, c’est à dire rapidement (3,11) ; il faut comprendre que dès lors que le processus de ce retour est engagé, sa vitesse d’éxécution est foudroyante.

Mais quelles sont ces 7 Eglises ?

-Ephèse (signifiant “désirable”), est une église réputée, structurée, établie, ayant fait ses preuves ; mais dont la flamme s’est assoupie, et qui semble être plus attachée à elle même, que toujours amoureuse du Seigneur. cette église pèche, et doit régler son problème, sans quoi elle perdra son onction et son élection (2,5).

-Smyrne (signifiant “myrrhe, parfum”), est une église faible, petite, “minable”, et méprisée par l’establishment religieux (des confessions historiques ?). Persécutée pendant 10 jours (courtement ?), elle va connaître le ban d’essai, le test de la fidélité à Dieu, et s’en trouver très épurée. Extérieurement, elle est sans relief, mais aux yeux de Dieu, ses gênes spirituels sont riches. Finalement, cette église va triompher.

-Pergame (signifiant “élévation, citadelle”) est une église qui se croit forte, ayant tendance à dominer les autres, d’aspects plus faibles. Son lieu de résidence est redoutable, car une souveraineté démoniaque règne à Pergame et fait l’objet d’un culte. L’Eglise de Pergame est fermement attachée à son identité en Christ, mais elle n’est pas sans avoir commis de graves injustices envers des croyants ; et elle ferme les yeux sur des pratiques de corruption (touchant à l’argent-doctrine de Balaam), et de manipulation (contrôle-doctrine des Nicolaïtes). elle est avertie que si les choses restent en l’état, le Seigneur jugera les coupables par sa Parole (2,13 à 16).

-Thyatire (signifiant “femme dominatrice”), est une église zélée, performante, passionnée, mais qui cultive un désordre grave. Elle est manipulée (non pas spécialement par des femmes), par des influences (Jézabel) qui agissent en coulisses, et influent sur ses leaders, alors tenus en otage, par le prétexte du ministère prophétique dévié du coeur de Dieu, et qui déclare “ce que Dieu dit” ; ponctuellement ; tout le monde étant prié d’y obéir, sous peine d’être taxé de désobéissance caractérisée, et de s’exposer à terme “aux jugements de Dieu”.

[C’est la culture de la confusion entre le ministère prophétique de l’Ancienne Alliance, avec celui de la Nouvelle Alliance, dans leur nature respective.Le ministère prophétique de l’Ancienne Alliance dans les églises de la Nouvelle Alliance, est reconnaissable par son radicalisme violent ; en contraste avec celui de La Nouvelle Alliance, tout aussi radical, mais dans ”l’enveloppe” de la Grâce, celle qui ne casse pas, mais qui encourage et édifie sans cesse. C’est là, la différence entre la Lettre qui tue et l’Esprit qui vivifie (2 Cor. 3,6).Avec la première, on fait des enfants (des automates, des formatés) ; avec la seconde, on fait des adultes (des gens libres et responsables).]

Le problème de ces preneurs d’otages, c’est leur fruit ; il s’appelle “inconduite” (2,20). Le Seigneur prévient que ce sont eux qui se trouveront jugés, ainsi que tous ceux qui les auront cautionnés. Il ajoute qu’il s’agit là d’une doctrine (tout un enseignement) évoluant dans les profondeurs de satan (et qui est un mensonge ayant pour but de ramener les croyants dans le salut par les oeuvres de la Loi, ceci étant une négation de la Croix de Christ, et donc du salut par la Foi en la Grâce de Dieu, manifestée en Christ).

Cette église est donc avertie de veiller jusqu’au bout à ne pas se faire voler cette Grâce qu’elle a reçu.

-Sardes (signifiant “prince de joie”), est une église qui cultive une extériorité vivante, remuante ; qui travaille une image d’elle même qu’elle est soucieuse de communiquer autour d’elle. Presque une église “people”, qui malheureusement est pauvre en intériorité authentique ; grevée par d’importants et récurants problèmes de péchés camouflés. Cette église est clairement invitée à une remise en ordre de ses rangs, car elle a perdu sa crainte (son respect profond) de Dieu, son Sauveur. Ceux qui s’y trouvent et qui ne se sont pas souillés sont tranquillisés par ce discours du Seigneur.

-Philadelphie (signifiant “amour fraternel”), est une église d’apparence insignifiante, peu remarquable, ne disposant pas de soutien humain, mais qui reçoit pourtant tous les suffrages de Dieu. Invisible “en bas”, mais aimée “d’En Haut” ; c’est son profil, parce qu’elle a gardé intacte sa passion pour la Parole de Dieu, et pour Son Nom. Elle l’a fait à travers toutes les saisons qu’elle a connu, et notamment celles de l’épreuve (elle a subi avec succès le test du ban d’essai). Certainement cette église a fait prévaloir la Vérité dans l’Amour, et l’Amour dans la Vérité. Il est évident que Dieu est fier de cette église ; Il lui dit qu’Il amènera dans l’humiliation devant elle, tous les légitimistes de la religiosité (séculière ou non), afin qu’ils reconnaissent qui est le vrai peuple de Dieu. Il lui dit enfin que puisqu’elle est demeurée dans sa Parole, elle échappera à ce temps de purgatoire (s’étant déjà purgée), que Dieu enverra sur la terre pour lui offrir une dernière chance de se repentir.

Philadelphie sera t-elle l’Eglise enlevée et épargnée de la Tribulation finale ? Voilà qui est du domaine du très possible.

Philadelphie est l’Eglise d’en bas, qui a choisi la meilleure position pour devenir l’Elue d’En Haut. Il lui est simplement et vivement conseillée de ne pas bouger de sa ligne de conduite, et c’est ainsi qu’elle sera déclarée “vainqueur et régnante”.

Ce règne, elle commence déjà à en exercer les prémices sur la terre : Apoc. 3,8 : une porte lui est ouverte sans que personne ne soit capable de lui contester cela. C’est une église d’Onction, Onction que l’oeil humain et religieux ne reconnaîtra que trop tardivement.

-Laodicée (signifiant “règne du peuple ou autorité de la voix du peuple”), est une église qui est à l’écoute de ce que dit la majorité, plutôt qu’à l’écoute de Dieu. C’est en quelque sorte une église qui fonctionne “démocratiquement”. Ainsi, elle est à l’écoute des attentes d’en bas, au lieu de celles d’En Haut. La Parole de ses rangs y est devenue prioritaire au détriment de Celle de Dieu. Ce qui Le met en colère. Cette culture convenue, du consensus recherché entre la pureté d’En Haut et la souillure d’en bas, est appelée “équilibre et modération” par les hommes ; et “tiédeur” par le Seigneur. La vocation de cette tiédeur sera d’être vomie, rejetée par Dieu. Cette église peut encore se repentir ; pour cela, elle devra redécouvrir ce qu’est l’or véritable (Apoc. 3,18).

De ces 7 Eglises, 5 sont clairement invitées à se réformer, en vue de retrouver cette passion pour La Parole de Dieu et pour Son Nom. Une autre est prévenue qu’elle va être envoyée en “stage de formation et d’approfondissement avec évaluation finale” (Smyrne). Une autre enfin, est reconnue comme formée, apte dès maintenant au couronnement final. Elle est comme cette équipe de sportifs qui a remporté un challenge mondial, et qui doit rester sur le terrain en attendant le couronnement qu’elle va recevoir, de l’Instance Céleste et Divine. Il s’agit bien sûr de Philadelphie.

Pour être plus clair encore, 5 de ces églises sont des vases qui contestent avec le Potier leur façonnage. Smyrne a accepté d’être façonné par le Potier ; elle capitule de tout coeur devant Lui, mais n’est pas encore passée sur le tour. Philadelphie y est passée, et le vase est magnifique ; il est l’Oeuvre du Potier !

Il est permis de comprendre que ce message aux 7 Eglises d’Asie, en est un pour Celle d’aujourd’hui ; un message d’avertissement, d’encouragement pour toutes ses composantes, qui toutes restent sauvables à ce jour. Mais LE DEFI pour elles sera d’accepter LA REFORME DU SAINT-ESPRIT, dans l’intégralité de son programme (le parcours de Smyrne), afin que purifiées de toutes ses tares, elles soient prêtes pour le Ciel (comme c’est le cas de Philadelphie). Ainsi Le Seigneur reviendra pour prendre Son Elue.

Dans 2 Pierre 3,12, il est écrit de “hâter” le Retour du Seigneur ; nous avons vu en quoi cela consiste.

Philadelphie est la figure de l’Eglise finitive. L’Eglise finitive sera philadelphique. Mais dans la liste d’Apoc. 3, elle est listée en avant dernière position. C’est Laodicée qui clos cette liste. Y a t-il un mystère qui soit caché là ? C’est fort probable…

Il semble bien en effet que la fin des temps verra ces deux églises dans un face à face redoutable. L’une sera l’Eglise de Dieu, l’autre celle des hommes. La première continuera jusqu’au bout à prêcher le Salut de l’homme par Dieu, tandis que l’autre sera passée au salut de l’homme par l’homme. Cette dernière gardera Le Nom et l’habillage, mais reniera ce qui en fait La Force. Elle sera APOSTATE.

Philadelphie est mentionnée en avant dernière position, car très probablement, elle sera enlevée de la terre, afin que Laodicée y soit jugée et condamnée, elle qui seule y sera restée. C’est pourquoi nous la trouvons en dernier dans le texte. Dans les Ecritures, rien n’est anodin.

Ainsi, chers lecteurs, que chacun de nous prenne ses responsabilités. Moi, je choisis d’aller habiter chez Philadelphie l’Eglise “des fous”(car Laodicée sera l’Eglise “des sages”), même si pour m’y rendre, je dois passer par le chemin de Smyrne. Ma prière, est qu’on y aille ensemble ; le voulez vous ?

Philippe.

L’Eglise finitive, quel sera son visage ?

Si l’Eglise primitive, toute fraichement descendue du ciel, à l’époque de la Pentecôte (Actes 2), et de fait, semblait être non installée sur la terre ; il pourraît bien en être de même pour l’Eglise finitive.

Celle ci devra impérativement évoquer ces vierges sages aux lampes pleines d’huile (Matt. 25), qui ne ce sont donc pas laissées détourner par aucune autre attache que la venue de cet Epoux qu’elles attendaient.

“Aucune autre attache”, qu’est ce que cela peut donc signifier ?

La réponse est : aucune installation sur la terre qui viendrait attiédir le coeur de l’Eglise qui attend l’Epoux, Jésus Le Messie.

“Aucune installation sur la terre”, cela veut-il dire de ne pas se marier, ni avoir d’enfant, ni de vie professionnelle, ni de construire une maison, ou encore un lieu de culte ? Non, bien sûr, il ne s’agit pas de cela ; mais néanmoins ces choses peuvent tout de même constituer autant de ces attaches concurrantes dont je veux parler.

Car il n’est pas faux de dire que les enfants de Dieu sont souvent dans le piège de ces attaches, qui viennent combattre celle qui doit les retenir si fermement et salutairement liés à ce Dieu, qui est leur Père.

Ainsi, l’Epouse de chair passe avant ce Père ; les enfants aussi ; sans oublier la maison, le travail, les amis, et même l’église. Par église, il faut entendre, les activités, les bâtiments, les soucis de sa présence dans le milieu environnant, de son organisation et de son contingentement, etc…

L’Eglise primitive avait les pieds suspendus dans le vide, et ainsi se cramponnait au seul filin nommé Jésus-Christ ; elle le faisait avec la force du Saint-Esprit ; et Celui qui tenait ce filin dans le ciel, se nommant Dieu le Père.

Les croyants actuels, et l’Eglise d’aujourd’hui, ont multiplié les filins. Il y a celui de l’argent ; car plus on en a plus les choses “peuvent s’arranger”. Il y a la course aux bâtiments de culte les plus beaux, car ainsi on existe, on est visible et c’est la preuve que “Dieu a béni”… qu’Il approuve, qu’Il est présent. Il y a celui des activités, et c’est ainsi qu’on se persuade d’être réveillé pour Dieu et son Royaume. Il y a celui de la famille dénominationnelle, qui donne le sentiment du nombre qui fait la force ; et tant pis pour Celle de Dieu, qui normalement, faut-il le rappeler, s’appelle la Foi en Lui. Il y a même celui de la Doctrine, “la Saine Doctrine” bien sûr ! Elle est si importante qu’elle l’est devenue plus que les Ecritures Elles mêmes… dans la poursuite de leur révélation, sous la conduite du Saint-Esprit. La preuve en est que quand on lit dans la Bible quelque chose qui ne colle pas avec notre doctrine, on passe dessus au plus vite, surtout sans creuser, au cas où se serait trop déstabilisant… pour notre si belle maison doctrinale.

Il y a aussi bien sûr celui du nombre ; la course à la croissance, qui ressemble à la vie économique, avec sa culture du résultat, où la recherche de l’avantageuse comparaison, guère éloignée d’un orgueil bien latent. A ce propos, que faut-il penser de Jonas, qui a amené 120000 âmes à se repentir, le roi de Ninive en tête, et qui l’a fait avec un état de coeur plus que douteux ? Et que faut-il penser de Jérémie, prophète comme le précédent, qui lui n’a été écouté de personne, mais dont le coeur fût d’une intégrité irréprochable ? La question est ouverte : lequel des deux avait le plus d’onction ? Et encore : lequel des deux aura été le mieux accueilli dans le ciel ? David tomba dans ce piège du nombre (1 Chron. 21) et c’est satan qui l’y poussa (verset 1)… Il y a aussi Staline qui rétorqua : le Pape !?… Combien de divisions ? L’esprit de Staline prévaut souvent dans les églises et chez leurs leaders. Cela relève d’un besoin de délivrance.

Et à propos d’onction, pourquoi les serviteurs de Dieu la recherchent t-ils quelquefois ? Toujours pour le plaisir de Dieu, ou de temps en temps aussi (et d’abord) pour la petite (et la grande) réussite de ce ministère ; “de Mon Ministère” ainsi que j’ai bien eu l’occasion de l’entendre trop souvent, comme un aveu de ce qu’il y a réellement dans les coeurs…?

Tous ces filins (et il y en a d’autres), qui sont des amarres, retenant les chrétiens à la terre, étouffant leur vision de départ prochain pour le ciel, et la préparation qui en est inérante…!!

 Il ne semblait pas que toutes ces contingences humaines et terrestres, troublaient beaucoup l’Eglise de Philadelphie (Apocalypse 3), dont le texte dit qu’elle était faible et méprisée. Cette église était-elle ailleurs, dans une autre dimension ? Il faut penser que oui. En effet, ses filins qu’elle a farouchement veillé à garder sont mentionnés dans le verset 8 : la Parole et le Nom du Seigneur. Les deux ne faisant en vérité qu’un seul.

Cette Eglise de Philadelphie est bien celle de la fin : celle qui est ATTACHEE AU CIEL comme la première, à Jérusalem.

Il s’agit d’une église attachée à la Vérité biblique, en opposition à “une doctrine maison”, construite à coup de ponctions sélectives du message biblique, et non intégrale ; conduisant ses adhérents à massérer dedans sans “se laisser distraire” hors de son cadre.

A ce propos,  et au moment de la naissance de Jésus, ne s’est-on jamais demandé ce que des mages faisaient là, devant son berceau à l’adorer ? Comment ces païens repoussants pouvaient-ils être “du décor” ? Le fait que 600 ans auparavant, Daniel avait été nommé chef de tous les sages et astrologues de Babylone (Daniel 2,48), pouvait-il doctrinalement parlant, sérieusement légitimer leur présence ? Ces gens baignaient dans la culture de leurs divinités perses ; ils en étaient des prêtres ; ils sacrifiaient à des démons ; ils étaient des astrologues, c’est à dire qu’ils observaient les astres pour y trouver des signes et messages spirituels ; des choses occultes détestées de l’Eternel (Deut. 18); ils avaient probablement une certaine culture messianique, alimentée par les déportations des Hébreux, les ayant influencés. Mais surtout, malgré leurs ténèbres, ils CHERCHAIENT DIEU, qui s’est mis à leur niveau en leur donnant l’Etoile du Roi des Juifs dans ce ciel, qu’ils affectionnaient de scruter ; et plus qu’un signe spirituel, ils y ont trouvé un signe messianique. En outre, leur culture de l’enseignement de Moïse et des Prophètes étaient peut-être bien insuffisante pour parvenir au Messie ; et ils l’ont trouvé quand même, malgré tout ! Malgré tout, c’est à dire au milieu de leur confusion doctrinale et spirituelle majeures.

Compte tenu du fait qu’il ne nous est pas dit qu’après avoir VU le Seigneur, ils auraient renoncé à leur paganisme (contrairement aux gens d’Ephèse-Actes 19,19), je me demande si le parcours de ces mages, est évangéliquement très présentable ? Comment les accueillerions nous aujourd’hui, s’ils se présentaient avec un tel pédigré ? Avec l’oeil pointu du fameux discernement évangélique, que je connais personnellement que trop bien…? Cet oeil doctrinal qui sait si bien et avec de si brillants exposés théologiques, couper à la tronçonneuse tout ce qui ne cadre pas ; au risque de briser nombre de coeurs sincères, qui pourtant ne sont pas loin du Royaume… comme Jésus l’a dit de certains.

J’ai la tentation de penser que les évangéliques que nous sommes, calfeutrés derrière nos épais remparts doctrinaux, “notre patrimoine”, feraient bien de remettre notre tablier d’écolier, pour reprendre le chemin de la découverte du Dieu de la Bible, et de Son Esprit. Son Esprit, et non “Notre Saint-Esprit”. Vous comprenez ?… Dieu nous parle tellement, et confirme tellement ce que nous pensons, que nous avons forcément raison et l’autre tort…!

Mais l’Eglise de Philadelphie a dépassé ce genre de peaux de banane ; elle les connaît et sait les contourner. Pas les autres églises.

De fait, la communion fraternelle est un art cultivé chez Philadelphie. Le climat y est détendu, et son ambiance n’est pas celui d’une caserne, avec contrôle d’identité aux portes et sécurité intérieure active… Ces portes sont ouvertes (Apoc. 3,8), et personne ne semble en abuser, d’autant que chacun est animé de passion pour Dieu avec un coeur qui recherche la pureté.

Toutefois, ces gens étaient-ils sans défaut ? Non, puisqu’ils furent avertis de rester fermes (verset 11); c’était que le risque de ne pas l’être pouvait constituer parmi eux une faiblesse potentielle. Mais comme les  mages, dans leur quête de Dieu, là où ils en étaient, ils continuaient d’avoir faim et soif de lui en toute sincérité.

L’Eglise finitive sera une troupe hétéroclite, impossible à cerner, composée de bergers venant des champs, sans avoir eu le temps de se changer… Composée aussi de mages, théologiquement imprésentables, mais trouvant Dieu quand même. Son organisation ne sera pas exemplaire. Son fonctionnement échappera à tout observateur/contrôleur, mais pas au Saint-Esprit.

L’Eglise finitive va vivre dans la paille comme Marie et Joseph se sont trouvés, au moment où Jésus est né. La paille n’est pas attachante, contrairement aux palais en tout genre. Il sera donc facile de quitter la paille, quand le Seigneur reviendra, bien plus que les palais de l’évangile existentiel et de celui de la prospérité.

Aucune hôtellerie ne voudra guère l’accueillir, bien que le parc hôtelier des églises convenues soit grand. Jésus désirera demeurer à l’intérieur de ce parc, mais ce sont les hôtels qui le composent qui n’en voudront plus.

L’Eglise finitive sera composée de gens chétifs, qui “accoucheront” néanmoins et sans prévenir, d’une Onction audacieuse, mue par l’Esprit qui n’a de cesse d’opposer ses lois à celles de la chair.

Courage faible peuple de Dieu ! Recherche l’Onction Philadelphique de l’Esprit, qui te montrera le Chemin du Ciel, par lequel Ton Frère Ainé est venu, pour annoncer à la terre le Salut de Dieu.

Lève les yeux, Il revient bientôt !

Philippe