Je me souviens de la femme du pasteur de mon église baptiste, qui encadrait nos réunions de jeune le samedi soir… Elle nous faisait remarquer que nous chantions nos chants sans prendre garde à leurs paroles, et sans y mettre nos coeurs. Quand j’y repense, je me dis qu’ils nous manquaient un feu intérieur, et que nous n’étions que dans des habitudes. Je me souviens qu’elle m’avait demandé d’apporter une réflexion biblique, ce que j’avais donc fait sur un sujet qui me semblait claire dans les Ecritures, mais qu’elle avait contesté ensuite, selon sa propre interprétation. Cela m’avait laissé perplexe, qu’elle puisse contester ce qui était nettement écrit dans la Bible, parce que sa doctrine, à elle, lui avait enseigné le contraire… Mais cette femme aimait Dieu ; elle lui avait consacré sa vie, au point d’avoir été missionnaire en Afrique pendant 25 ans. Je pensais : que dois je croire ? Ce que je lis dans la Bible, ou ce que me dit la femme du pasteur ?… J’avais 17 ans. Cette femme était persuasive ; une mère spirituelle ; sa personnalité s’imposait à nous. Elle veillait sur nous ; nous étions une quinzaine.
Huit ou dix ans auparavant, dans cette même église, je fréquentais l’école du dimanche ; l’activité dont je me souviens le plus, est cette exercice qu’on nous faisait faire, qui consistait à ce que les enfants que nous étions, fassent la course pour trouver les références bibliques qu’on nous indiquait. J’étais parmi les meilleurs ; nous connaissions l’ordre des 66 livres ; j’étais capable de les dire depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. Je me souviens aussi que dans ma chambre, debout sur mon lit, je lisais la Bible qui était à mes pieds ; fier d’avoir d’aussi bons yeux.
Mais je me souviens aussi d’un jour où un ami d’enfance-ayant vécu avec moi toutes ces années, puis étant parti à Paris dans une autre église-me cita un verset de la Bible qui se trouve dans 2 Corinthiens 3,6 : “la lettre tue mais l’Esprit vivifie”. Dès lors, cette parole se planta à jamais en moi ; je n’en eus pas à ce point conscience sur le moment, c’est plutôt après que j’en mesurais l’impact. Elle devint pour moi une loi fondamentale de vie chrétienne.
Puis deux filles de notre groupe de jeunes visitèrent son église à Paris. Elles comptaient beaucoup parmi nous. Elles en revinrent avec un feu nouveau, et elles parlaient en langues, comme les disciples à la Pentecôte (Actes 2). Mais je les trouvais aussi dans une nouvelle attitude de supériorité envers nous autres, ce qui me laissait un peu songeur. Je devais avoir environ 19 ans. A la même époque, j’eus un différend assez rude avec un non chrétien, qui était venu s’en plaindre à mon pasteur. Celui ci me convoqua, un mardi chez lui. Me faisant part de la chose, je réagis pour lui en donner ma version des faits. Il me demanda expressément d’aller faire réparation auprès de la personne ; ce que je fis, de mauvaise grâce, mais par obéissance ; car à cette époque, on ne discutait pas devant pas l’autorité spirituelle ; ou pas longtemps. J’étais pourtant bien connu de lui comme un certain rebelle, qu’il fallait tenir à l’oeil…
Je me souviens de mes vingt ans et de mon arrivée en Guyane Française avec l’Armée ; j’étais un enfant, qui avait eu le tort de se tromper de rêve ; mon coeur saignait d’une grande déception sentimentale ; en arrivant à Cayenne, je me mis à chercher des chrétiens comme des orpailleurs cherchent de l’or…! C’est ainsi que je débarquais chez un couple de missionnaires Suisses, qui m’accueillit dans l’Amour du Seigneur ; ils furent mes premiers parents spirituels, j’ai pu pleurer sur leurs genoux ; leurs visages, leur exemple, leur souvenir sont à jamais dans mon coeur. Dans la suite, j’ai essayé de faire comme eux ; eux qui avaient la charge d’une église de 200 personnes, et 5 enfants. C’est avec eux que pour la première fois, j’entendis parler de ministère pastoral à mon propos. C’était en 1976.
Alex, mon ami, mon frère, à qui j’ai donné le ministère pastoral à Dinan ; tu naissais sur cette même terre de Guyane en ces mêmes jours…
Dieu était là, qui préparait tout ; traçant le chemin, sans que je le sache. Il faisait des choses dont l’utilité allait se révéler primordiale, entre autre, 30 ans après…
En Guyane, je me souviens d’un ami militaire, qui avait entendu pour la première fois parler de l’Evangile, et qui dès lors, se trouvait au plus mal, car il vivait des réactions intérieures incontrôlables. Il s’avéra qu’il était fortement démonisé, et qu’au travers de son expérience si douloureuse, je fus confronté à une réalité inconnue jusqu’alors : le diable, satan, et tous les esprits mauvais ; leurs ruses bien réelles et nombreuses. Mais c’est alors que je fus à nouveau au contact de ce phénomène du parler en langues, car je vis nettement son utilité puissante quant on priait pour ce garçon. J’en venais à désirer moi aussi ce don de l’Esprit, car les démons étaient comme fous et paniqués quand ils entendaient ces langues.
Je me souviens aussi à l’église de Cayenne où j’étais, d’un vieux problème de jalousie entre deux soeurs en la foi. La chose fut réglée un dimanche après midi, après que toute autre conciliation en petit comité ne régla rien. Toute l’église était réunie ; on demanda aux deux soeurs de se pardonner et de se réconcilier ; l’une accepta très volontiers, mais pas l’autre. Des sanctions furent donc prononcées envers cette dernière, qui se mis à hurler dans le temple, et qu’on dû maitriser. Mais elle respecta cette mise en discipline, et continua de fréquenter l’église. Depuis, je n’ai plus jamais revu ce type de soumission ; mais je garde pour toujours cette page de ma vie dans cette église, créole.
Je me souviens de nos premières semaines de mariage avec Annette, car nous vivions en communauté avec un couple de jeunes catholiques, qui connaissaient le Seigneur. Cela nous arrangeait bien à cause de la question financière… Mais nous ne savions pas ce qui surviendrait bien des années plus tard…
Je me souviens aussi, quand nous étions avec mon épouse, à l’école biblique et pastorale en Suisse, de ce frère étudiant comme moi ; nous parlions de certains autres, et nous les jugions sans doute un peu ; mais il me fit remarquer que “nous , nous étions des faibles qui avions besoin de beaucoup prier, tandis que d’autres, assez forts, pouvaient s’en dispenser”… A l’époque, je perçus cette parole comme étrange, mais plus tard, je la mis en rapport avec celle de Jésus dans Matthieu 5,3. Je me voyais comme pauvre, et je cherchais Dieu pour m’enrichir de Lui.
Dans ce même lieu, je me souviens aussi de cet étudiant qui n’avait pas le temps d’aller aux adieux d’un couple Angolais (qui prenait le risque de repartir dans leur pays hostile à eux), parce qu’il devait se préparer pour ses examens de grec et d’hébreu.
Je me souviens aussi de mon professeur conseil, qui en fin d’année, me faisait part de son étonnement, parce qu’il m’avait vu souvent mal à l’aise dans l’école, mais sans que je ne vienne jamais le voir… J’ai simplement pensé dans la suite, quand à mon tour je fus en responsabilité des âmes, que je devais moi, aller au devant de celles que je voyais dans la difficulté, et pas attendre qu’elles viennent.
A cette même époque, j’eus l’occasion de rencontrer hors de l’école, un petit monsieur très souriant, épanoui, et pourtant très voûté, et qui de fait ne marchait pas très facilement. Il m’introduisit avec Annette, dans des groupes de prières, où le climat était différent, libre et plein d’amour. On y parlait beaucoup du Saint-Esprit et en langues aussi ! Je me souviens que nous étions revenus en Bretagne, en 1979, habités du souvenir de ce parfum de l’Esprit que nous allions dès lors chercher dans nos contrées.
Mais je me souviens aussi de ce noël 1978, où de passage chez mes beaux parents, ma belle mère fut saisie de l’idée de nous donner 15000 francs ! Heureusement, car ni ma femme ni moi n’étions conscients que nous allions à la banqueroute financière, alors que nous avions un bébé, et un second “en route”. Mais Dieu savait cela.
Je me souviens de mon père, recevant des frères chrétiens, venus le visiter à quelques jours de sa mort (à l’âge de 75 ans, usé par les années de guerre et de travail) ; ils lui demandèrent quelle était sa dernière volonté..? Sa réponse fut : “réconciliez vous entre vous et soyez en paix”. Ils repartirent, pensant que mon père n’avait pas compris leur question… Mais je rens hommage à mon père, mort en Christ, en homme de paix.
Je me souviens de ma mère, trouvant Dieu à l’âge de vingt ans. Elle a marché avec Lui toute sa longue vie, fidèlement ; et je lui dois de connaître Jésus mon Sauveur. Je la bénis pour cette Héritage, inestimable.
Je me souviens qu’étant gamin, j’avais gravement été mordu au visage par un chien… et de mon frère, qui de colère, saisit la casserole dans laquelle il mangeait, pour le frapper de toutes ses forces… Je prie le Seigneur, de ne pas frapper ceux qui me mordent… “à coup de casserole”…!(heureusement, Il est Le Seigneur, de grâce)
Je me souviens aussi d’une soirée avec des amis Belges ; ils étaient serviteurs de Dieu et avaient un don prophétique ; ils nous avaient vu marcher le long d’un mur avec de grands sacs plastiques chargés de pierres ; et nous jetions ces sacs par dessus ce mur… Effectivement, dans les années 80, nous sommes allés plusieurs fois en Europe de l’Est, de l’autre côté du “rideau de fer”, et nous passions des quantités de bibles, que nous déposions chez des contacts secrets… dans de grands sacs poubelles de cent litres. Cela nous introduisait aussi dans cette dimension de l’Onction prophétique donnée par l’Esprit de Dieu.
Et je me souviens aussi de notre vie d’église à Dinan, qui dura 9 ans dans le même endroit, et du pasteur qui savait si bien prêcher, avec une grande ferveur ; qui maîtrisait si bien les Ecritures ! Il prêchait sans cesse sur la sainteté chrétienne ; cela nous a marqué ; nous comprenions que nous ne pouvions pas plaisanter avec cela ; notre conscience en fut exitée pour toujours. Je revois encore cet instant où dans le feu de son prêche, il bouscula et renversa la coupe de la sainte scène… sur la table de communion, sur sa bible… les pages furent trempées de vin…! Mais sans s’arrêter de prêcher (car seule la mort l’aurait stoppé), il essuya vaguement le liquide répandu et poursuivit son exercice. Cet incident n’avait aucune espèce d’importance comparable avec la parole d’exhortation qu’il donnait.
Mais je me souviens aussi que cet homme, écoutant un frère mal inspiré, et d’autres encore, me soupçonna de vouloir lui “piquer” sa place de pasteur. Ce fut un temps de souffrance pour moi, où je rentrais des cultes en pleurs et en colère ; et c’est sous cette accusation trop pesante, ayant résisté des années, que je quittais cette église. Nous étions en avril 1989. En outre, dix ans auparavant, il avait refusé de prier pour ma femme et moi, qui voulions recevoir le baptême en langues (comme les disciples à la Pentecôte).
Ce n’est que onze ans plus tard que nous l’avons reçu, dans une autre église. Mais là, le Saint-Esprit était présenté plutôt comme une puissance, alors que rapidement, l’image qu’on en eut était celle d’une personne ; la différence n’étant pas banale. Car nous ne voulions pas seulement travailler avec le Saint-Esprit, mais aussi Le chérir en nous. Je me souviens alors du décalage qui survint rapidement, et de la méfiance qui s’installa envers nous dans cette nouvelle église. C’était en 1992, et cette méfiance dure toujours… Aujourd’hui, je pense qu’il est permis d’être sur ses gardes envers quelqu’un, mais tout en évitant de le lui montrer, pour ne pas l’importuner. C’est une grâce, demandable au Seigneur.
Je me souviens aussi de l’année suivante lors d’une rencontre chrétienne d’été, quand trois pasteurs, sur trois jours de suite, ne se connaissant pas entre eux, m’ont tous dit que Dieu m’appelait ainsi qu’Annette, au ministère pastoral. L’un d’entre eux appela ses collègues pour nous oindre dans cet appel. Puis il nous dit que maintenant, il fallait obéir et “y aller”; ce que nous fîmes… au milieu de beaucoup de larmes, car les premières années furent redoutables.
Je me souviens qu’en 1994, j’avais remis le ministère pastoral que Dieu m’avait confié, sous l’autorité d’un autre pasteur qui pouvait avoir le profil d’un père spirituel. Il m’avait alors dit que quand quelque chose n’irait pas, il me le dirait franchement. Mais la suite a montré tout l’inverse, car il m’a beaucoup critiqué dans mon dos sans jamais rien me dire en face. J’en éprouvais alors une grande trahison ; j’ai dû retenir mon épouse qui voulait lui dire tout ce qu’elle avait sur son coeur à ce propos ; je préférais garder le silence vis à vis de ce frère, et convenir que moi même, je devais veiller à ne pas trahir ma parole, envers quiconque.
Finalement, je me souviens que ne sachant plus très bien sur qui compter comme partenaire dans le ministère, j’eus la pensée d’aller sur le marché de Dinan, un jeudi matin, accompagné de mon épouse et de mon fils ainé. Pendant qu’ils vaquaient à quelques achats, je sillonnais les allées de ce marché, cherchant à entendre le Seigneur ; c’est ainsi que j’étais frappé du nombre d’Anglais qui s’y trouvaient… Puis passant dans une allée entre deux exposants qui bavardaient ensemble, j’entendis l’un qui disait à l’autre : “tu as vu tous ces anglais ?” Et l’autre de lui répondre : “Oui, maintenant il va falloir faire avec…” Ces paroles tombèrent dans mes oreilles et mon esprit ; je compris clairement que le Seigneur me parlait de cette façon, pour me signifier que je travaillerai avec des Anglais, dans le ministère. Je gardai dès lors ces choses dans un coin de mon coeur, avec mon épouse.
Je me souviens que vers 1995, les relations étaient très tendues entre mon épouse et moi. Je priais alors, demandant à Dieu ce qui n’allait pas. J’eus pour toute réponse, la pensée de deux pasteurs, avec la conviction soudaine d’aller les voir afin de leur demander pardon à cause du passé. Ce que je fis le jour même. Le premier me reçut froidement, mais accepta tout de même ma démarche ; le second me reçut plus chaleureusement et même avec émotion. Chez les deux, je vins avec le coeur brisé, dans de forts sanglots, et devant toute leur famille respective, réunie à table, car c’était un dimanche midi. C’était une grande humiliation…qui déboucha sur des relations encore plus aggravées avec ces pasteurs, mais qui nettoya ma vie conjugale, et ma relation avec Dieu. Depuis longtemps d’ailleurs, je suis surpris de tous ces gens qui attendent que leur prochain vienne faire réparation auprès d’eux… En ce qui me concerne, le Saint-Esprit m’a nettement poussé à aller le faire, et non pas à attendre le contraire, c’est à dire que l’on vienne vers moi… C’est sans doute qu’à chaque conflit, j’avais tous les torts… A moins que…
Je me souviens d’une pastorale en Angleterre, où je pleurais pendant trois jours, comme pour me vider d’années de peine, accumulées profondément en moi. J’en revins changé.
Au même endroit, l’année suivante, je me souviens que quelques frères Anglais, priant pour moi, me dirent : “Philippe, avance en eaux profondes !” (parole que Jésus dit à Pierre). Pendant des années, je cherchais à comprendre ce que ça voulait dire pour moi ; jusqu’à ce que je comprenne qu’il fallait que je connaisse Dieu de plus en plus intimément ; comme un Père, un Ami tendre, un Conseiller ; quelqu’un qui souffle dans mes oreilles, et dans celles de qui j’en fais autant. Englouti dans Sa Présence.
En 1997, je me souviens d’un samedi, en Normandie, où nous étions une trentaine, tous dans le service pour Dieu. Il y avait des Anglais, et le Seigneur me rappela tout de suite ce qu’Il m’avait dit trois auparavant sur le marché de Dinan… A la fin de la journée, dans mon coeur, je priais et demandais au Seigneur de me montrer deux personnes avec lesquels il faudrait que je garde contact. Il me montra deux Anglais. L’un s’appelant Dave, et l’autre Graham. Le premier devint un ainé pour moi dans le ministère. Des grands frères, je n’en avais plus véritablement eu depuis la Guyane (21 ans de temps). L’autre, Graham, je ne l’ai jamais revu, mais Dave me fit rencontrer “le” Graham que Dieu m’avait préparer, en Angleterre ; un pasteur qui devint un ami tendre, comme je n’en avais jamais eu, et surtout pas en France. Avec eux, je fis beaucoup de route, et trouvais beaucoup de paix. Il m’apprirent à aimer les gens, et aussi les Catholiques, ainsi qu’à les regarder comme le Peuple de Dieu. A ce moment là, j’appris à ne plus choisir moi même mes amis, mais à laisser Dieu le faire ; ce qui changea tout le climat relationnel qui gravitait autour de moi.
Je me souviens de cette toute jeune fille, à qui je parlais du Seigneur, car son coeur était en détresse ; et qui me répondait “mais tout le monde se fait son dieu”. Depuis, elle a rencontré le Dieu unique, qui l’a sauvé, et elle est à son tour dans le ministère pastoral, avec son époux. Leurs visages sont ceux d’un homme et d’une femme de Dieu.
Je me souviens de nos enfants ; après le culte du dimanche, que faisaient-ils ? Le plus grand mettait en rang les plus jeunes, et il leurs prêchait le Seigneur, avec son langage d’enfant ; ils écoutaient bien sagement…! Nous, dans la cuisine à côté, on rigolait de voir cela ! Après, ils ont grandi, et fait quelques bêtises comme tous les enfants ; mais aujourd’hui, ils sont tous des chrétiens expérimentés et engagés pour Dieu ; tout n’est pas toujours facile pour eux, mais en toute épreuve, ils s’accrochent au Seigneur. Si je regarde derrière moi, avec mon épouse, je vois que grâce à Dieu, nous laissons une postérité qui Lui appartient.
Je me souviens de cette soeur qui me téléphona au printemps 2002, pour me dire qu’elle avait une maison dans le sud de la France, dans laquelle elle me voyait volontiers y prendre quelques repos d’été. Me demandant ce que j’en pensais, je lui répondis d’emblée que je m’y voyais aussi avec mon épouse !… Ainsi, depuis, chaque été, nous y allons ; et en plus il y a une piscine…! J’y “dépose” toute mon année… Dieu est bon. D’autant plus que deux ans auparavant une prophétesse nous avait prédit des vacances régulières, après bien des années sans.
Je me souviens aussi de cette vision que le Seigneur me donna dans ma chambre un certain jour : je voyais un tout petit ruisseau, et des minuscules poissons dedans ; puis plus loin un cours d’eau plus élargi ; certains de ces poissons y allaient, d’autres pas. Ils restaient dans ce minuscule courant d’eau. Plus loin encore, je voyais presque une rivière, car d’autres courant d’eaux la rejoignaient ; des poissons y allaient, d’autres pas. Ces derniers ne grandissaient pas, contrairement aux premiers ; bientôt c’était un fleuve, car de grands courants le rejoignaient ; puis la mer.
Je compris qu’il y avait ceux qui voulaient s’ouvrir à la Révélation continuelle de Dieu, et qui prospéraient ; et puis les autres, qui se satisfaisaient de ce qu’ils avaient et étaient. Je compris qu’il y avait d’autres courants de grâce que celui dont je suis originaire ; c’était ces autres bras de rivière qui rejoignaient tous le fleuve..de Dieu. Je compris que l’Eglise de Dieu, dans son intégralité, est cette mer que j’ai vu, car elle a bien cette étendue.
Jésus dit : Or je vous le déclare, plusieurs viendront de l’Orient et de l’Occident, et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le Royaume des cieux (Matthieu 8,11).
Jésus parlait-il en termes géographiques ? Ou de personnes de différentes sensibilités chrétiennes qui ont toutes une foi qui provoque son admiration ?
Ne serait-ce pas cela l’Eglise finitive, une Eglise de Foi, d’Amour et d’Espérance, sans frontière ?
Je rends grâce à Dieu pour mon parcours au fil des décennies ; je suis heureux d’être passé par tous les lieux que j’ai connu. je vais juste poursuivre cette randonnée jusqu’à son terme, puis j’irai me coucher dans le ciel, sur la poitrine de Jésus, en qui se trouve le Père.
Philippe